Vincent Jeanbrun a précisé les modalités de réouverture du guichet lors d'un déplacement à l'espace conseil France Rénov' de Carrières-sous-Poissy dans les Yvelines. La promulgation de la loi de finances 2026 débloque la situation pour tous les parcours et tous les ménages.
Les dossiers gelés vont enfin avancer
L'adoption du budget permet de reprendre l'instruction des dossiers coincés depuis fin 2025. Les travaux vont pouvoir démarrer. Les foyers qui veulent se lancer dans des chantiers peuvent désormais déposer leur demande, que ce soit pour une rénovation par geste ou d'ampleur. Les règles d'éligibilité et les taux de financement ne bougent pas.
Nouveauté pour les rénovations d'ampleur : un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov' devient obligatoire avant de déposer le dossier MaPrimeRénov'. Objectif affiché : sécuriser les parcours et garantir la qualité des rénovations financées. France Rénov', créé par la loi Climat et Résilience de 2021, propose des conseils neutres et gratuits aux ménages qui veulent rénover ou adapter leur logement à la perte d'autonomie. Co-financé par l'État et les collectivités locales, ce service public de proximité s'appuie sur des espaces conseil répartis sur tout le territoire, trouvables sur France-renov.gouv.fr.
3,6 milliards pour 270 000 rénovations minimum
Le budget 2026 affiche 3,6 milliards d'euros pour MaPrimeRénov'. L’objectif est clair : au moins 120 000 rénovations d'ampleur et 150 000 par geste. "Le budget est voté, le guichet va rouvrir : promesse tenue !", déclare Vincent Jeanbrun. Le ministre de la Ville et du Logement insiste : "La priorité doit désormais être la stabilité des aides et la qualité des projets financés."
L'Agence nationale de l'habitat a bouclé son budget 2026 : 4,6 milliards d'euros au total, 4,4 milliards pour les particuliers. La rénovation énergétique touche 3,4 milliards, soit 555 millions de moins qu'en 2025. La coupe passera par l'enveloppe CEE annoncée fin octobre, qui devrait gonfler les finances d'un milliard. Thierry Repentin, président de l'Anah, parle d'un "budget de continuité et de responsabilité pour sortir durablement du stop-and-go".
Des objectifs ambitieux grevés par le stock de dossiers
L'agence vise au moins 120 000 rénovations d'ampleur réparties entre maisons individuelles (52 000) et copropriétés (68 000), plus 150 000 rénovations par geste avec accent sur la décarbonation des chauffages selon la SNBC 3. Problème : 83 000 dossiers de 2025 attendent encore leur instruction et viendront grignoter l'objectif 2026. Au total, 350 000 logements peuvent toucher une aide, avec 85% des crédits distribués localement. MaPrimeAdapt' monte en puissance à 41 000 logements adaptés à la perte d'autonomie.
L'expérimentation des petites copropriétés se prolonge pour débloquer les centres anciens, la prime sortie de vacances s'étend aux zones rurales. Côté fraude, l'Anah muscle son arsenal : encadrement renforcé des mandataires financiers, contrôles à distance modernisés, commission unique de sanctions.
Le budget suffira-t-il ?
Maxime Ledez (I4CE) reste sceptique. Le PLF 2026 prévoit 1,5 milliard de crédits versés à l'Anah contre 2 milliards en 2025. "Deux milliards n'ont pas suffi cette année à satisfaire toutes les demandes. Un milliard et demi ne suffira probablement pas davantage l'an prochain." Jacques Baudrier, adjoint parisien au logement, appelle carrément à doubler le budget.
Le PAR+, aussi nommé prêt avance mutation, permet aux propriétaires occupants de financer l'isolation, le changement de fenêtres ou le remplacement d'une vieille chaudière dans leur résidence principale. Particularité majeure : le remboursement s'effectue en une seule fois lors de la revente du bien ou au moment de la succession, et reste sans intérêts durant les dix premières années.
Conditions strictes d'éligibilité
Le logement doit avoir plus de deux ans d'ancienneté et servir de résidence principale au propriétaire emprunteur. Un seul prêt peut être accordé par bien. Ce dispositif vise exclusivement les foyers aux revenus "modestes" ou "très modestes" selon les barèmes de l'Agence nationale de l'habitat, revalorisés au 1er janvier 2026. Attention : tant que le remboursement n'est pas soldé, impossible de transformer le logement en local commercial, de le louer ou de l'utiliser comme résidence secondaire.
Trois types de travaux financés
Le PAR+ couvre les chantiers correspondant à au moins une action efficace d'amélioration énergétique listée au code de la construction, les travaux permettant d'atteindre une performance énergétique globale minimale, ou encore la réhabilitation du système d'assainissement non collectif par des dispositifs sans consommation électrique. Le plafond s'établit à 50 000 euros maximum selon la nature des interventions. Les artisans doivent obligatoirement posséder la certification RGE (reconnu garant de l'environnement). Délai impératif : achever les travaux dans les trois ans suivant l'émission de l'offre de prêt.
Modalités pratiques et cumul possible
Les établissements de crédit, sociétés de financement ou sociétés de tiers-financement ayant signé une convention avec l'État distribuent ce prêt hypothécaire. Une fois l'entreprise RGE choisie et les travaux définis, déposez votre dossier avec les justificatifs nécessaires avant et après chantier. Bonne nouvelle : cumuler le PAR+ avec l'éco-prêt à taux zéro reste possible à condition de financer des postes de travaux distincts, en séparant bien les pièces justificatives pour chaque dispositif.
À savoir : le guichet de dépôt des demandes d'aides (MaPrimeRénov', Ma Prime Adapt', Ma Prime Logement Décent et Loc'Avantages) reste fermé temporairement jusqu'au vote de la loi de finances 2026.
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